Naturopathie

La phytothérapie

La phytothérapie, étymologiquement le traitement par les plantes, est définie comme une méthode thérapeutique qui utilise l’action des plantes médicinales.

La phytothérapie reste la médecine la plus employée dans le monde. Nous savons depuis toujours que certaines plantes possèdent des activités thérapeutiques (antiseptiques, bactéricides, antifongiques, antivirales, antispasmodiques, immunostimulantes, hépatiques…).
Les plantes soignent ou contribuent à guérir, parfois très rapidement, non seulement les maladies aigues comme l’insomnie, la grippe, la toux, les rhumatismes, mais aussi, de très nombreuses maladies chroniques (le cancer, la fibromyalgie, l’hypertrophie bénigne de la prostate, l’arthrose, la dépression…).

Des molécules, de grand intérêt pour la médecine, n’auraient jamais pu être découvertes sans la médecine traditionnelle et l’ethnopharmacologie. C’est le cas du taxol, le chef de file des constituants anti-tumoraux, isolé de l’If (Taxus brevifolia Nutt) et de l’acide salicylique (analgésique et fébrifuge) produit à partir de la salicine isolée de l’écorce de saule (Salix alba). Des traditions orales ancestrales enrichies par des connaissances de terrain et du vécu thérapeutique des végétaux restent un savoir à sauver pour le bien de la santé humaine et animale.

Les plantes médicinales d’usage courant ne provoquent généralement que très peu, voire aucun effet indésirable : c’est là l’un de leurs principaux avantages. Mais tout ce qui est « naturel » n’est pas inoffensif. Certaines plantes sont tout bonnement toxiques et d’autres peuvent être nocives en interaction avec d’autres plantes, des médicaments ou des suppléments. Par conséquent, la maîtrise de la phytothérapie impose de la connaître de la façon la plus complète possible. Cela consiste à connaître toutes les propriétés des plantes, leurs indications, leurs contre-indications et leurs limites.

 

Place de la phytothérapie dans le système de soins actuel

Depuis 1986, la phytothérapie est reconnue officiellement comme une médecine à part entière en attribuant le statut de médicaments à certaines plantes. Cette décision a été prise suite aux nombreuses études cliniques qui ont fourni la preuve incontestable de l’efficacité des plantes.

L’usage des plantes médicinales est actuellement en progression régulière, dans le grand public comme chez les professionnels de santé. Devant cet engouement, les scientifiques ont été amenés à entreprendre de nouvelles recherches. Par exemple, l’OMS, l’ESCOP (European Scientific Cooperative on Phytotherapy) et la Commission Européenne (Allemagne) ont créé des organismes visant à recenser les usages traditionnels des plantes médicinales, à les valider sur le plan scientifique et à mieux comprendre leurs mécanismes sous-jacents.

L’usage des plantes médicinales doit constituer un premier choix ou la première intention dans de nombreuses pathologies. Cette démarche thérapeutique permettrait d’éviter des pathologies provoquées par les effets indésirables des médicaments chimiques et ainsi d’optimiser les dépenses de santé.

 

L’aromathérapie

L’aromathérapie est l’utilisation des huiles essentielles, des essences et des hydrolats extraits des plantes médicinales aromatiques, à des fins thérapeutiques. C’est une thérapie naturelle sophistiquée qui repose sur la relation existant entre les propriétés des molécules aromatiques des huiles essentielles et les activités thérapeutiques qui en découlent.

L’aromathérapie est une branche de la phytothérapie. Mais il ne faut pas confondre ces deux médecines. Les propriétés et les modes d’utilisation sont différents. Les molécules aromatiques ne représentent qu’une fraction des composants de la plante, par conséquent les activités de la plante aromatique sont différentes de son huile essentielle.

L’aromathérapie est fondée à la fois sur une connaissance traditionnelle des huiles essentielles et sur des validations scientifiques récentes. Elle a recours à une méthodologie rigoureuse qui s’inspire de données scientifiques solides confirmées tant par la clinique que par le laboratoire.

L’aromathérapie est une médecine non conventionnelle et globale, c’est à dire qu’elle prend en compte la maladie (le symptôme) et la personne (le terrain) dans son environnement et dans toutes ses spécificités. On parle de l’action globale d’une huile essentielle sur l’ensemble du corps et de sa physiologie.

C’est une thérapeutique naturelle de qualité supérieure, d’une prodigieuse efficacité et qui permet de renforcer un traitement allopathique, d’améliorer le bien être, l’état de santé, de soigner des petits maux de tous les jours (brûlure, piqûre d’insectes, nausées, maux de tête…) et de nombreuses pathologies infectieuses (rhume, toux, infection urinaire..) et dermatologiques (eczéma, psoriasis…).

La distillation à la vapeur d’eau des plantes aromatiques permet d’obtenir deux substances : l’huile essentielle et l’hydrolat. Les essences sont obtenues par expression des zestes d’agrumes (Essence de citron…).


Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

Bien qu’on les appelle huiles, ces substances ne contiennent aucun corps gras à la différence d’une huile végétale.

La composition d’une huile essentielle est extrêmement complexe, le nombre de constituants peut aller en moyenne de 50 à 100 molécules actives pourvues de propriétés différentes. Une huile essentielle ne possède donc pas qu’une seule propriété thérapeutique mais plusieurs.

De par leur composition chimique, les huiles essentielles possèdent une activité pharmacologique et clinique intense. Leur action contre les bactéries, par exemple, est comparable à celle des antibiotiques.

Grâce à leurs molécules actives volatiles qui sont captées par les fosses nasales puis décryptées par les neuro-récepteurs olfactifs, les huiles essentielles envoient un message au système nerveux. Elles sont dites informationnelles. C’est l’olfactothérapie.

Les huiles essentielles présentent une concentration importante de principes actifs qui peuvent pour certains être toxiques. Leur mauvaise utilisation peut exposer à des effets indésirables lourds de conséquences. L’aromathérapie exige donc une connaissance parfaite de la

classification botanique des plantes aromatiques, une connaissance précise des constituants chimiques et chémotypés (romarin à verbénone, romarin à cinéole…), une maîtrise rigoureuse des précautions d’utilisation en ce qui concerne l’âge de l’individu, le dosage, la posologie, les contre-indications et les voies d’absorption.


Qu’est-ce qu’un hydrolat ?

L’hydrolat est constitué par la vapeur d’eau condensée imprégnée des molécules aromatiques extraites des plantes.

Huiles essentielles et hydrolats sont des concentrés de la même plante dont ils sont tous deux issus. Ils présentent des principes actifs et des effets thérapeutiques similaires. La thérapie par les hydrolats ou hydrolathérapie, est une branche de l’aromathérapie. C’est une thérapie holistique, c’est à dire qu’elle soigne et cherche à équilibrer l’entité Corps-Esprit.

L’intérêt des hydrolats résulte dans leur faible concentration en molécules aromatiques très inférieur à celui d’une huile essentielle (en moyenne inférieur à 2%). Ils ont une réelle efficacité malgré leur faible dilution et ne présentent aucune toxicité, contre-indications et interactions médicamenteuses. Ils sont un recours précieux à chaque fois que l’utilisation des huiles essentielles se révèle délicate. Ils sont dés lors très indiqué pour les personnes sensibles, comme les enfants en bas âge, les femmes enceintes ou les personnes âgées, les personnes présentant des troubles cutanés (eczéma, psoriasis, hypersensibilité cutanée…), ainsi que pour les soins des muqueuses.


Place de l’aromathérapie dans le système de soins actuel

Les huiles essentielles de composition chimique très souvent complexe constituent des médications réactives, puissantes et d’une richesse thérapeutique insoupçonnée qui laisse augurer un avenir prometteur. Leur fort pouvoir anti-infectieux impose le maintien des huiles essentielles en médecine.

Leur action sur les surrénales et le système endocrinien, leur capacité à modifier rapidement le taux d’acidité et la résistance électrique du sang, et leur effet calmant, en font des remèdes de premier choix.

Si les huiles essentielles provoquent des effets indésirables, elles n’entraînent pas à la différence des antibiotiques, une résistance des germes, une sélectivité des flores saprophytes et pathogènes, une destruction de la flore intestinale endogène et une diminution du système immunitaire. Ainsi, elles doivent être conseillées en première intention lors d’épisodes infectieux aussi bien d’origine virale que bactérienne. Cette démarche thérapeutique permettrait d’éviter l’utilisation abusive d’antibiotiques qui crée des résistances et donc rend difficile le traitement des patients.

L’aromathérapie, multi centenaire, est aujourd’hui en train de gagner du terrain dans le monde médical, cosmétique, agro-alimentaire et vétérinaire. Des chercheurs scientifiques confirmés du monde entier sont déterminés à rendre le mérite à cette discipline en assurant de grands efforts dans divers domaines de recherches fondamentales et appliquées.

Dans le cas où d’autres thérapeutiques ont échoué, l’utilisation à bon escient des huiles essentielles permet d’obtenir des résultats spectaculaires.

Aujourd’hui, des médecins (J.valnet, C.Durrafourd, J-C.Lapraz) et des chercheurs de haut niveau (P.Franchomme, Dr Pénoël), des pharmaciens (D.Baudoux, F.Millet) ont définitivement montré l’efficacité et l’extraordinaire richesse des huiles essentielles.

 

L’homéopathie

« Homéo » signifie semblable en, opposition à « allo » contraire, que l’on trouve dans « allopathie » qui est la médecine des contraires, la médecine classique.

Créée au début du XIXe siècle par Samuel Hahnemann, l’homéopathie est une méthode thérapeutique naturelle basée sur le trépied conceptuel d’Hahnemann : similitude, globalité, infinitésimalité. Elle correspond à l’administration de doses très faibles ou infinitésimales de substances susceptibles de provoquer, à des concentrations différentes chez l’homme en bonne santé, des manifestations semblables aux symptômes présentés par le malade.


Principe de la similitude et de l’infinitésimalité

La loi des semblables ou principe de la similitude indique que toute substance végétale, minérale, animale capable de provoquer chez un être en bonne santé un certain nombre de symptômes, est capable de guérir un être malade présentant ces mêmes symptômes. Ainsi, le café empêche de dormir, ce qui est le cas le plus fréquent, le café (Coffea Cruda) en homéopathie permet de mieux dormir. Deux conditions sont nécessaires pour que le café en homéopathie soit efficace dans les troubles du sommeil. La première est de trouver la bonne dose, la bonne dilution, car, pour avoir cette inversion d’effet, il faut diluer la substance : on met une goutte de café dans 99 gouttes d’eau, puis on prélève 1 goutte de cette solution à laquelle on rajoute 99 gouttes d’eau, et ainsi de suite.
La seconde est de secouer fortement la solution 100 fois (Dynamisation) entre chaque dilution. La dynamisation n’a pas pour but de bien mélanger la solution avant de la diluer à nouveau, mais de produire des chocs sans lesquels les qualités thérapeutiques du remède homéopathique n’apparaissent pas.

Avec ces 2 procédés, on obtient la première dilution à 1 CH, qui veut dire « 1ère Centésimale Hahnemannienne », puis une 2 CH, et ainsi de suite. Suivant le principe des hautes dilutions, la substance diluée jusqu’à des concentrations infinitésimales permet d’augmenter sa capacité d’action tout en réduisant ses effets indésirables.


Principe de la globalité

En homéopathie, le traitement est choisi en fonction de la manière originale dont le malade manifeste sa maladie. En effet, c’est la prise en considération de l’ensemble des symptômes caractéristiques du malade (les plus personnels) physiques ou sensoriels, contemporains de la pathologie à soigner.

On ne s’intéresse pas à la maladie en tant que telle mais à la façon dont l’individu est perturbé par celle-ci en fonction de sa sensibilité individuelle, son passé physiologique, son mental.


Les preuves de son efficacité

Pour ses partisans, l’efficacité de l’homéopathie est largement démontrée par son utilisation très répandue, les effets ressentis par les patients et certaines études cliniques. Les remèdes homéopathiques soignent des malades depuis deux cents ans et rien n’indique que la popularité de cette thérapeutique soit en déclin, ni auprès des professionnels de la santé qui y ont recours, ni auprès des patients qui la reçoivent.

Récemment, une étude réalisée pour le gouvernement suisse sur l’efficacité de l’homéopathie, « Homéopathie dans la santé : efficacité, pertinence, sécurité, coût », et dirigée par Gudrun Bornhöft et Peter F. Matthiessen, de l’Université de Witten/Herdecke en Allemagne et de la Fondation Pan-Medion à Zurich, a conclu non seulement que l’homéopathie fonctionne, mais également qu’elle est beaucoup plus économique que la médecine conventionnelle.

Il s’agit de la plus vaste étude jamais réalisée. Elle a sélectionné toutes les études majeures qui ont été menées en respectant la démarche homéopathique, qui tient compte du terrain de la personne pour adapter le traitement. Ce qui n’est pas les cas de toutes les études homéopathiques qui ne connaissent pas les procédures spécifiques de l’homéopathie ni quels traitements fonctionnent le mieux avec quels patients. Certaines ont essayé d’utiliser un traitement unique pour éliminer un symptôme, ce qui est précisément contraire à la démarche homéopathique. D’autres ont utilisé le mauvais remède ou ne l’ont pas utilisé correctement. En conclusion, de nombreuses études publiées dans de grandes revues scientifiques et qui prétendent démontrer que l’homéopathie ne marche pas, sont en fait conçues au départ pour échouer car les chercheurs n’ont pas respecté le principe de globalité de l’homéopathie.

L’étude suisse a donc revu en détail toutes les études qui ont tenu compte de ce principe :

-les recherches pré-cliniques les plus importantes sur des lignées de cellules humaines, des plantes et des animaux, ainsi que les études biochimiques ;
-les essais sur l’homme : études randomisées en double-aveugle et contrôlées par placebo ;
-les méta-analyses, les études épidémiologiques et les « systematic reviews » (les résumés de toutes les données scientifiques valides).

Après avoir évalué toutes les données disponibles, l’équipe suisse a prouvé que les remèdes homéopathiques à haute dilution provoquent « des modifications spécifiques et régulatives dans les cellules ou les organismes vivants ».

Le rapport a établi des preuves particulièrement fortes en faveur de l’utilisation de l’homéopathie contre les infections des voies respiratoires supérieures et les réactions allergiques : parmi les études montrant un résultat global favorable en faveur de l’homéopathie, six sur sept sont apparues au moins équivalentes aux interventions conventionnelles et, sur seize études contrôlées par placebo, la moitié montraient des résultats significatifs avec l’homéopathie.

Le plus frappant est sans doute le fait que le rapport conclue que l’efficacité de l’homéopathie « peut être confirmée par des preuves cliniques » et « considérée comme sûre ». Pratiquée correctement, écrit le rapport, « l’homéopathie a peu d’effets secondaires et l’utilisation de hautes dilutions n’a aucun effet toxique ».

Bornhöft et Matthiessen ont conclu qu’il y avait « assez de preuves en faveur de l’efficacité clinique de l’homéopathie, de son absence de nocivité et de son caractère économique par rapport aux traitements conventionnels ».


Place de l’homéopathie dans le système de soins actuel

L’homéopathie séduit et voit augmenter le nombre de ses utilisateurs d’année en année. Aujourd’hui, nombreux sont les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, dentistes, sages-femmes et aussi vétérinaires) qui pratiquent cette discipline. La médecine générale l’utilise couramment de même que les spécialités telles que la gynécologie, la pédiatrie, l’hépatologie et l’oncologie.

Les patients semblent l’apprécier pour son action sur de nombreux troubles fonctionnels et aussi organiques. Ils ont moins d’effets secondaires et une meilleure relation avec leur médecin homéopathe. En comparant la satisfaction de 3000 patients traités par les deux catégories de médecines, un nombre significativement plus élevé (53 %) se sont dits « complètement satisfaits » de l’homéopathie contre 43 % pour les médicaments conventionnels.

Comme toute thérapeutique complémentaire, l’homéopathie a sa part entière dans le traitement principal ou en complément à l’allopathie, bien sûr dans les limites de son application.

Le nombre de médecins homéopathes en France a été multiplié par 6 en 20 ans. Plus de 2 médecins généralistes sur 10 ont recours à l’homéopathie. Parmi eux, 5000 médecins ont la qualification « orientation homéopathique » reconnue par l’Ordre des Médecins. À ce nombre, s’ajoute environ 2000 chirurgiens dentistes.

75% des Français sont favorables à la prescription de médicaments homéopathiques. De plus, 40% d’entre eux consultent régulièrement un médecin homéopathe.

Contrairement à la médecine conventionnelle, l’homéopathie est efficace à moindre coût :
-Les enfants touchés par des infections respiratoires des voies supérieures et traités par homéopathie ont moins de rechutes et moins recours aux antibiotiques que les personnes prenant des médicaments conventionnels.
-En Suisse, il est apparu que les médecins spécialisés en homéopathie coûtent au minimum 15 % en moins que les médecins conventionnels, bien que les patients demandeurs d’homéopathie aient en général plus de maladies chroniques et une moins bonne santé, deux facteurs qui se traduiraient normalement par un coût plus élevé.

-L’homéopathie conduit à moins de dépendance vis-à-vis des médicaments. Parmi plus de 500 patients souffrant de maladies rhumatismales, presque un tiers a pu arrêter de prendre leurs médicaments conventionnels, et un autre tiers a pu réduire leurs prises.
-Les traitements homéopathiques de l’infertilité offrent une des économies les plus importantes par rapport aux traitements conventionnels.
-L’homéopathie réduit aussi le coût des hospitalisations : les patients recourant à un médecin homéopathe sont six fois moins susceptibles d’être hospitalisées que celles qui se soignent par la médecine conventionnelle.