Nutrithérapie

Hippocrate le soupçonnait déjà, lorsque s’adressant à ses patients, il disait : «Que ta nourriture soit ton médicament, et que ton médicament soit la nourriture».

Il y a cinq mille ans, les Chinois prescrivaient des algues aux porteurs de goitre et les soldats romains se donnaient de la vigueur «martiale» en buvant l’eau dans laquelle trempaient leurs armures. Une longue et pittoresque histoire mène à la découverte de l’importance fondamentale pour la santé de l’alimentation, des vitamines, des minéraux, des acides gras et des acides aminés.

Le rôle essentiel que les nutriments jouent dans la prévention et le traitement de l’ensemble des maladies – au delà de la simple correction des déficits – n’a été clarifié que récemment grâce à la spectaculaire explosion d’études expérimentales, épidémiologiques et cliniques, publiées ces dernières années.

Le rôle des vitamines, minéraux, acides gras et autres substances récemment identifiées présentes dans notre alimentation apparaît comme fondamental.

Cet afflux de connaissances et le résultat de toutes ces études ont donné naissance à une nouvelle discipline: la nutrithérapie. La nutrithérapie est une science récente et sa progression est fulgurante.


Objectifs et principes

La nutrithérapie, est basée sur la compréhension des mécanismes biochimiques de l’organisme, de la biodisponibilité, de la compatibilité et, de la synergie d’action des micro-nutriments. Elle recherche à savoir comment ceux-ci sont métabolisés au niveau de chaque cellule et, comment leur déficit ou leurs excès peuvent provoquer des désordres physiologiques se manifestant par divers signes d’appel.

La nutrithérapie s’emploie à optimiser les fonctions physiques et cérébrales, prolonger la durée de vie, prévenir les risques de maladies et les traiter.

Pour cela, elle propose une modification de l’alimentation et une supplémentation active en nutriments en fonction des besoins nutritionnels de chacun: vitamines, minéraux, acides gras, acides aminés et d’autres substances non nutritionnelles présentes dans le corps humain. Ainsi, la nutrithérapie s’adresse à l’organisme avec des molécules qui le constituent et lui permettent de fonctionner.

Le principe de synergie est un principe central de la nutrithérapie. En effet, l’absorption d’un élément peut dépendre d’un autre, comme l’exemple classique du calcium et de la vitamine D; de même certains micronutriments agissent aussi en synergie afin d’effectuer les opérations biochimiques qui permettent le fonctionnement des cellules. Les outils de ces opérations, les enzymes, ont besoin pour entrer en action de clés, les coenzymes. Ces coenzymes sont des vitamines ou des minéraux. Souvent l’activité des enzymes requiert plusieurs coenzymes.

Par conséquent, une prescription typique de nutrithérapie associe presque toujours des conseils alimentaires à un ensemble de micronutriments qui agissent en synergie.

La nutrithérapie n’oubliera jamais qu’il est nécessaire de s’assurer de l’intégrité des organes par lesquels transitent les micronutriments (tube digestif: intestin, estomac, pancréas, etc.). C’est certainement le meilleur moyen d’optimiser une complémentation nutritionnelle.


Etat des lieux des besoins et des carences nutritionnelles

Pour fonctionner correctement, l’organisme a besoin de macro-nutriments énergétiques (glucides des céréales, graisses d’origine animale et végétale) et de macro-nutriments de construction des tissus (protéines d’origine animale : viande, poisson, œufs, produits laitiers…, et d’origine végétale : céréales, légumineuses, oléagineux…) dont le manque provoque une sensation de faim.

Parmi ces macro-nutriments, il a plus spécifiquement besoin :

-de certaines graisses que le corps est incapable de synthétiser lui-même (acides gras essentiels présents dans les huiles végétales)

-de certains acides aminés qu’il ne sait pas fabriquer non plus (acides aminés essentiels présents en totalité dans les protéines animales et partiellement dans les protéines végétales à l’exception du soja).

Le bon fonctionnement de l’organisme est également dépendant de l’apport en micro-nutriments comme les  minéraux (calcium, magnésium, soufre), les oligo-éléments (fer, zinc, cuivre, manganèse, bore, sélénium,..) et les vitamines (A, B, C, D, E, K). Ils sont majoritairement présents dans les fruits et les légumes, les légumes secs, les oléagineux (amandes, noix, noisettes…) et les poissons dont certains renferment les fameux oméga-3.

Les micro-nutriments sont des cofacteurs métaboliques indispensables au fonctionnement des milliers de réactions enzymatiques qui interviennent à tout instant, pour l’entretien et la régénération de tous les tissus et organes : système digestif, respiratoire, ostéo-articulaire, cardiovasculaire, neuropsychique, immunitaire, endocrinien…

La carence en micro-nutriments est de plus en plus observée dans les pays développés car, depuis des années, la consommation d’aliments riches en micro-nutriments a baissé au profit d’aliments riches en calories et pauvres en minéraux et vitamines, dits aliments à « calories vides ». Aujourd’hui, ces aliments représentent 60% de l’apport énergétique.

La carence en micro-nutriments est également liée à de nombreux facteurs entraînant une augmentation des besoins micro-nutritionnels :

> le stress

> l’alcool, le tabac

> la pollution atmosphérique

> la pollution médicamenteuse

> le sport de compétition

Contrairement aux manques de substances énergétiques et protéiques que nous ressentons par la faim, les carences en micro-nutriments essentiels ne sont pas détectées immédiatement par le corps. Ces carences s’installent d’année en année et engendrent à long terme des maladies dégénératives comme l’arthrose, l’ostéoporose, le diabète, les troubles cardiovasculaires, les maladies auto-immunes, le cancer et la maladie d’Alzheimer.

Les statistiques témoignent d’une augmentation des maladies chroniques (diabète, cancer, arthrose, dépression…) dans la population française. Actuellement, deux personnes sur cinq décèdent de maladie cardiovasculaire dans les pays industrialisés. Une personne sur quatre est frappée par le cancer. Pas moins de neuf millions de personnes en France sont prises en charge à 100 % par la Sécurité Sociale pour des pathologies lourdes, voire invalidantes (Affection Longue Durée, ALD), soit un assuré social sur six.

Aujourd’hui, on constate que les tribus qui n’ont pas adopté le mode de vie des pays industrialisés peuvent avoir des taux très bas de maladies qui sont courantes dans ces pays:

> les Inuits ont peu ou pas de maladies cardiovasculaires

> les Indiens Maoris de Nouvelle-Zélande ne connaissent pratiquement pas l’arthrose, y compris à un âge très avancé

> les Japonais de l’île d’Okinawa vivent pour la plupart au-delà de cent ans…

C’est sur la base de ce constat que les chercheurs en nutrition affirment qu’il y a un lien entre les deux phénomènes : d’une part, carences en micro-nutriments et déséquilibres du mode de vie, et d’autre part hausse des maladies chroniques (dites de civilisation : dépression, asthme, diabète, colopathies, néphrite, cardiopathies, arthrose, polyarthrite, ostéoporose, cancer…).